La
psychanalyse remet le sujet en harmonie avec lui-même par la
méthode de l’association libre : le sujet est
invité à "dire tout ce qui lui
vient à l'esprit même si c'est honteux, stupide ou
pénible" selon la formulation de Freud. Cette parole s’adresse à quelqu'un de particulier,
l’analyste dans une relation de confiance qui
s’établit et qu’on appelle transfert.
L'idée
de Freud est que "tout ce qui
lui vient à l'esprit"
n'est justement pas n'importe quoi mais une parole en mouvement
qui se rapproche le plus de la vérité
du sujet au-delà de ses
résistances.
Le
sujet est aussi invité à aller au-delà
de la
plainte pour faire de sa souffrance, de ce qui ne va pas, une question, une
énigme à déchiffrer,
c'est-à-dire quelque
chose qui deviendra pour
l'analysant un
savoir sur lui-même ; c'est à la fois une prise
de conscience et un chemin à parcourir vers lui-même et ses désirs.
Le
sujet va pouvoir
prendre un autre
point de vue sur ce qui le fait
souffrir ou qui l'inquiète, mettre en relation
les difficultés présentes avec son histoire, interroger par exemple quelle fut et
quelle est la part de son besoin ou de son espoir de plaire à
l'autre.
Il découvrira des souhaits ou des
peurs inconscients,
des décisions oubliées concernant des
autres de son passé et qui orientent encore
aujourd’hui
certains de ses actes et pensées en dehors de sa
volonté.
Ce travail
d'analyse a un effet de soulagement. Au fil des séances et
de la parole qui se déplie, la manière qu'a
l'analysant de voir le monde se voit
réaménagée.
Ainsi se modifient ses
rapports à son corps, au sexe, à l'autre,
à son
travail, à l'amour, ce qui lui permet de faire des choix de vie donnant un sens à celle-ci et traduisant ses potentialités propres.
Marie-Paule
Goelff